mardi 27 mars 2007

Mardi 27 mars

Mardi 27 mars 2008 :

J’ai pris en notes cet après midi plusieurs chapitres de quelques ouvrages :
- Les représentations sociales : aspects théoriques , JC Abric
- Alternance et identité professionnelle, Cohen-Scali Valerie
- Fonction et socialisation au travail, WB Francq – C. Maroy
- L’éducateur spécialisé à travers ses discours : une question d’identité, Laurent Cambon. Thèse 1996.
- J. Beckers – Capaes – 2006-2007 (Internet)
- La décision d’adultes d’entrée(er) en formation : un rapport à l’événement biographique? Mireille PRESTINI-CHRISTOPHE. Thèse.

Je ne compte pas mettre dans ce journal ses différentes notes car elles sont assez conséquentes. Etant en vacances la semaine prochaine, je compte me concentrer sur la recherche de définition sur les termes suivants :
- identité professionnelle
- pratique professionnelle
- représentations

Hier dans le métro, je réfléchissais à l’élaboration de ma grille d’entretien, j’ai tenté de poser par écrit les questions qui me venaient à l’esprit :

- Est-ce que la VAE à changer quelque chose à vos pratiques professionnelles ?
- Avez-vous l’impression que vos collègues ont changé leur attitude par rapport à vous ?
- Quels effets a eu la VAE sur :
- Vous
- Votre travail
- Vos collègues
- Votre hiérarchie
- Quand avez-vous passé votre VAE ES ?
- Quel en a été le résultat ?
- Quels effets a eu la VAE sur :
- Votre vie
- Votre travail, vos pratiques professionnelles
- Sur vos collègues
- Que représente pour vous cette VAE ?
- A-t-telle changé quelque chose ? si oui, quoi ; si non, à votre avis pourquoi.

vendredi 16 mars 2007

Ecrit rendu pour le séminaire de Françoise Dedieu

Eléments concernant ma recherche

Jeudi 8 mars 2007

Au mois d’octobre 2006, en débutant ma réflexion sur mon thème de recherche, j’avais une petite idée du déroulement global de l’enquête. Mais une foule de questions et de doutes m’ont très rapidement assailli : la question de la représentativité, des questionnements concernant le lieu ou les lieux de l’enquête, l’échantillon, la question du « recentrage » de mon sujet, une interrogation concernant ma proximité par rapport au terrain… Au jour d’aujourd’hui, le terrain de ma recherche et la méthode utilisée pour répondre à ce dernier ont évolué, se sont transformés, les questions s’y rapportant se sont multipliées. Ce sont ses évolutions, ses questionnements toujours en suspend que je vais vous essayer de vous présenter maintenant.

Pour cela, je vous décrirai en premier lieu mon sujet de recherche afin que vous puissiez appréhender au mieux la suite de ses réflexions. Ensuite j’aborderai en suivant la chronologie l’avancée de mes questionnements avec tout d’abord les trois premiers mois de ma recherche et enfin l’état de mes questions à ce jour.

1 – Mon sujet
2 – Chronologie
- Les trois premiers mois
- A ce jour
3 – Etat de mon questionnement concernant mon terrain et la méthodologie

1 - Mon sujet

Mon sujet de recherche porte sur la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE). Le titre (provisoire) en serait : « L’influence des facteurs sociaux, personnels et culturels dans une démarche de Validation des Acquis de l’Expérience ».

Par facteurs sociaux, culturels et personnels, j'entends l'influence :
- de l'histoire familiale dans le domaine de la scolarité, le rapport entre la famille et l'école (diplôme..)
- du couple
- du parcours scolaire de la personne effectuant une VAE, comment elle a vécu cette dernière, comment elle l'a quitté...
- du domaine professionnel..

Je souhaite traiter de ce sujet tant dans ma note de recherche que dans mon mémoire de master 2.

Il me semble important de préciser l’implication que je peux avoir dans le choix de ce sujet. En effet, je pense que le choix d’un sujet n’est pas anodin, qu’il trouve sa source dans le porteur même du sujet. Afin de mieux comprendre le questionnement que je me pose concernant la distance et la proximité par rapport au terrain, je relaterai quelques éléments brefs de ma biographie en lien avec mon sujet.

En effet, je suis entrée dans une démarche de VAE en 2005 au terme duquel j’ai obtenu le diplôme d’éducateur spécialisé. J’ai bénéficié d’un accompagnement dans cette démarche par l’intermédiaire de l’IRTS de Parmentier. Un autre élément qui intervient de manière significative dans l’élaboration de ma recherche est ma profession d’éducatrice spécialisée.

2 - L’évolution concernant la question du terrain et de la méthode

- Les trois premiers mois

En commençant ma réflexion sur mon thème de recherche, je pensais fixer mon travail sur plusieurs lieux d’accueil ou d’accompagnement liés à la Validation des Acquis de l’Expérience. J’avais notamment pensé « intervenir » (voir annexe n°1) :
- aux deux points accueil VAE de Paris
- à l’IRTS de Parmentier à Paris où j’ai déjà un contact à travers une accompagnatrice VAE
- au DAVA de Paris

Au cours de différentes lectures, j’ai orienté mon terrain sur un lieu bien défini, celui de l’IRTS de Parmentier (Paris, 11ème). Ayant- recentré le sujet même de ma recherche sur la VAE d’Educateur Spécialisé donc sur une classe bien définie de professionnels, il me semblait aussi opportun de fixer le lieu de mon enquête sur ce lieu. Je souhaitais pouvoir rencontrer des candidats éducateurs accompagnés dans leur VAE par l’IRTS de Parmentier. Mon enquête de terrain se construirait tout au long d’entretiens semi directifs faits avec ces derniers.

Ayant un contact au sein de ce centre de formation et d’accompagnement à la VAE, l’entrée sur ce terrain m’était facilitée. En effet, l’accompagnatrice qui m’avait suivi l’année passée sur ma propre VAE m’a confirmé par mail son accord pour en premier lieu un entretien exploratoire puis dans un second temps pour me permettre d’entrer au sein de l’IRTS.

A ce moment là de ma recherche, mes questionnements portent essentiellement sur :
- la question du recentrage de mon sujet sur les éducateurs spécialisés
- la question de la représentativité
- la question de la proximité par rapport à mon sujet

- A ce jour

Au terme de cette période de lectures au mois de janvier, j’ai décidé de poursuivre cette phase exploratoire par des entretiens eux-mêmes exploratoires. En effet, au cours de différentes lectures, notamment « Manuel de recherche en sciences sociales » de Raymont Quivy, Luc Van Campenhoudt (voir ci-dessous), j’ai considéré comme importante de commencer cette phase exploratoire.

Raymont Quivy, Luc Van Campenhoudt, Manuel de recherche en sciences sociales, Dunod, Paris, 1995,p.73.74

« Les entretiens exploratoires n’ont pas pour fonction de vérifier des hypothèses ni de recueillir ou d’analyser des données précises mais bien d’ouvrir des pistes de réflexion, d’élargir les horizons de lectures et de les préciser, de prendre conscience des dimensions et des aspects d’un problème auxquels le chercheur n’aurait sans doute pas pensé spontanément. Ils permettent aussi de ne pas se lancer dans de faux problèmes, produits inconscients de nos préjugés et prénotions. Les divergences de points de vue entre les interlocuteurs sont faciles à repérer. Elles peuvent faire apparaître des enjeux insoupçonnés au départ et donc aider le chercheur à élargir son horizon et à poser le problème aussi judicieusement que possible. Les divergences et contradictions s’imposent à nous comme des données objectives. Nous ne les inventons pas.

Dès lors, on comprendra que l’exploitation des entretiens exploratoires peut être menée de manière très ouverte, sans utilisation de grille d’analyse précise. La meilleure manière de s’y prendre consiste sans doute à écouter et réécouter les enregistrements les uns après les autres, à noter les pistes et les idées, à mettre en évidence les contradictions internes et les divergences de points de vue et à réfléchir à ce qu’ils pourraient bien révéler. Au cours de ce travail, il faut être attentif au moindre détail qui, mis en relation avec d’autres, peut mettre au jour des aspects cachés mais importants du problème. [….]

Dans la phase exploratoire d’une recherche, l’analyse de contenu a donc une fonction essentiellement heuristique, c’est-à-dire qui sert à la découverte d’idées et de pistes de travail (qui seront concrétisées plus loin par les hypothèses). Elle aide le chercheur à éviter les pièges de l’illusion de la transparence et à découvrir ce qui se dit derrière les mots, entre les lignes et à travers les stéréotypes. Elle permet de dépasser, au moins dans une certaine mesure, la subjectivité de nos propres interprétations.»

J’ai profité d’une session de formation liée à mon emploi qui se déroulait au sein d’un centre de formation d’Educateur Spécialisé pour rencontrer et prendre rendez-vous avec le responsable VAE. A ma grande surprise, les choses se sont faites rapidement et simplement. Après m’être très succinctement présenté à lui et expliquer ma démarche, il m’a accordé un entretien pour la semaine suivante. Vous pourrez trouver en annexe (n°2) un schéma récapitulatif des contacts pris, confirmés ou non par le prise d’un rendez vous que j’ai nommé « Arborescence des contacts pris ». A l’issue de chaque entretien, de nouvelles questions surgissaient. Ses dernières se concentraient essentiellement sur le thème de l’échantillon et sur le recentrage du sujet. Ses entretiens exploratoires m’ont permis et me permettent encore de m’ouvrir de nouvelles pistes.

3 – Etat de mon questionnement concernant mon terrain et la méthodologie

Au jour d’aujourd’hui, mes principaux questionnements portent sur :

- Est-ce que centrer mon sujet sur une profession n’est pas trop restrictive ?
- Est-ce qu’il ne serait pas intéressant de comparer deux métiers très différents ?
- Combien de personnes dois je interviewer ?
- Comment rédiger les questions d’un questionnaire ?
- Combien de questions mettre dans un questionnaire ?
- Est-ce q’il ne serait pas intéressant de lier questionnaire et entretiens semi directifs ?
- Comment élaborer la trame de l’entretien semi directif ?

J’espère pouvoir répondre à ses différentes questions et à celles à venir notamment par l’intermédiaire de votre cours. A ce jour, je continue la phase exploratoire de ma recherche afin de m’ouvrir de nouvelles perspectives.

Ce blog

Vous avez peut être remarqué que ce blog a été crée hier, soit le jeudi 15 mars 2007 mais que sont présents des articles d'octobre 2006. Il s'agit d'extrait de mon journal de recherche afin de retracer le suivi de mon sujet de recherche.

jeudi 15 mars 2007

Extrait de mon journal de recherche

Samedi 10 Mars :

Cet après midi, première séance de suivi de master première et deuxième année avec Christian Verrier. Il faisait un temps superbe et on était enfermé dans une petite salle sombre, grr, grr. Au total, 4 étudiants, ces trois heures m’ont permis de me rassurer sur l’avancée de mon travail et m’ont donné envie de replonger dans les lectures.
Après ces trois heures, j’ai eu envie de remettre au propre mon sujet, le plan et le calendrier :
L’impact de la VAE sur les pratiques professionnelles de l’Educateur Spécialisé

Mars :
- Formulation du sujet et du plan
- Prendre contact avec C. Bouleau par mail pour faire des entretiens exploratoires afin de tester la grille d’entretien (personnes passées devant le jury en novembre 2006)
- Transcription de l’entretien n°5 et reprendre rendez vous avec elle
- Lecture : identité professionnelle ; imaginaire

Avril :
Première semaine d’avril (vacances) :
- Ecriture implication ( I )
- Faire entretiens exploratoires avec candidats
- Elaboration grille d’entretien
Dernière semaine d’avril (vacances) :
- Ecriture de la méthode ( III )
- Transcription entretiens exploratoires
- Allez au jury VAE prendre contact avec candidats VAE
- Suivi C. Verrier

Mai :
- Ecriture de la note de recherche
- Relecture +++
- Mise en page : sommaire, index, biblio..
- Journal de recherche

Juin
1er juin : Fin de la note de recherche

Introduction
I – Implication
A – Parcours personnel et implication
B – Question centrale

II – Problématisation
A – Concept : définition des termes et historique
B - Etat de la question
C– La démarche VAE d’un Educateur Spécialisé

III – Exploitation de ce terrain
A – Au commencement ….
B – La phase exploratoire
C – Au terme de cette phase

Conclusion : synthèse et ouverture

A faire : réfléchir aux termes même du sujet, comme par exemple au terme impact.

Lundi 12 mars 2007 :

J’ai récupéré un document donné par JL Legrand à ses étudiants afin d’être au clair avec son sujet :

Titre et sous titre : L’impact de la Validation des Acquis de l’Expérience sur les pratiques professionnelles de l’éducateur spécialisé

La question centrale : Quel est l’impact de la Validation des Acquis de l’Expérience sur les pratiques professionnelles de l’éducateur spécialisé ?

La problématique de la recherche : Ma problématique se centre sur les effets de la VAE sur un éducateur spécialisé, sur son identité professionnelle, sa représentation

La méthodologie convoquée pour répondre à cette question : Entretiens semi directifs auprès de candidats VAE Educateur spécialisé étant passé devant le jury depuis au mois 6 mois.
Questionnaire

Les enjeux personnels de la recherche : Ayant moi-même fait une VAE et étant Educateur spécialisé, côtoyant un certain nombre de collègues ayant préparé une VAE, je me suis rendue contact de l’impact que pouvait prendre cette démarche et l’obtention ou non par cette dernière du diplôme d’Educateur Spécialisé.

Les enjeux dans le champ de recherche considéré : Les éducateurs spécialisés sont de plus en plus nombreux à entrer dans une démarche VAE dans le but d’obtenir le diplôme attenant à leur profession, le DEES (Diplôme d’Etat d’Educateur Spécialisé). Les aspects les plus développés sont les relations entre entreprise et VAE, des données quantitatives, les moyens d’accès, les difficultés, la VAE et l’illetrisme mais les effets de la VAE sur les candidats après coup me semblent à développer.

La ou les disciplines de référence : La sociologie / la psychosociologie

Un ouvrage ou un travail précédent qui a exploré la même problématique

Une bibliographie d’une dizaine de références pour la question de recherche :

Aubret J., Gilbert P., La reconnaissance des acquis, Que sais-je ? PUF, 1994.
Farzad M., Paivandi S., Reconnaissance et validation des acquis en formation, Anthropos, 2000.
Lietard B., Cinq réflexions de bon sens sur la reconnaissance et validation des acquis, in Education permanente, Documentation Française, n. 83-84.
Menard J.-Y., Reconnaissance des acquis et validation des compétences, Presses Universitaires de rennes, 1995.

B. Charlier, J. Nizet, D. Van Dam, Voyage au pays de la formation des adultes. Dynamiques identitaires et trajectoires sociales. Paris, L’Harmattan, 2005.
L. Fond-Harmant, Des adultes à l’Université. Cadre institutionnel et dimension biographique. Paris, L’Harmattan, 1996.
C. Dubar, La socialisation. Construction des identités sociales et professionnelles. Armand Colin, Paris, 1998.

Une bibliographie pour la méthodologie :

Béaud Stéphane, Weber Florence, Guide de l’enquête de terrain, La Découverte, 1997.
Béaud Michel, L'art de la thèse : Comment préparer et rédiger un mémoire de master, une thèse de doctorat ou tout autre travail universitaire à l'ère du Net, La Découverte, 2006.
Kaufmann Jean Claude, L’entretien compréhensif, Nathan, 1996.
Raymont Quivy, Luc Van Campenhoudt, Manuel de recherche en sciences sociales, Dunod, Paris, 1995.
Madeleine Grawitz, Méthodes des sciences sociales 2001

Quels sont les laboratoires de recherche qui travaillent sur cette thématique ?
Experice
Université de Lille : laboratoire Trigone
Université de Haute Alsace : LISEC
Université de Paris 10

Citer trois autres apprentis chercheurs qui travaillent sur le même sujet que le votre et identifier leur question de recherche

Cinq mots ou expressions clés de référencement dans le dictionnaire ou banque de données :
VAE – Identité professionnelle – Stratégie identitaire – représentation (imaginaire)

Quelles sont les théories de référence dans le champ : Stratégies identitaires

3 théories + 2 concepts clés : identité, représentation

Premier post de cette recherche déjà commencée

Oui, premier post mais ma recherche a debuté depuis quelques mois déjà, ou du moins la réflexion la concernant me taraude depuis le mois de novembre 2006. Beaucoup de changements, de bouleversements, de remodelage pour arriver à ce jour béni des dieux ou je pense approcher très concrétement de ce que sera le sujet même de ma recherche.
Pour l'instant, cette année est consacrée à une note de recherche que je dois écrire pour le 1er juin qui se concrétisera l'année prochaine en un mémoire lors du master 2ème année.
Je vous raconterai cela dans les jours à venir. Dans ce blog, vous trouverez :
- des extraits de mon journal de recherche
- des lectures
- des réflexions
- des plans ....

mercredi 14 mars 2007

Quelle identité professionnelle pour notre métier ?

Quelle identité professionnelle pour notre métier ? Coordonné par Michel Tozzi et Richard Etienne. CRDP. 2000.

La question de l’identité est-elle bien posée ? (p.27)

Le problème de l’identité est probablement l’un des plus anciens pb que la philosophie s’est posé : recherche de ce qui définit un individu à la fois dans sa singularité et dans son appartenance à une catégorie plus large qu’est son clan, sa société, sa famille. L’identité c’est aussi ce qui ne peut pas être défini pq elle est toujours engagée dans des variations subtiles. C’est même ce qui ne doit pas être défini pq la saisir est aussi voler l’âme ou même immobiliser dans la mort. Les sciences humaines ont relayé la philosophie : la psychanalyse a fait du moi l’instance régulatrice et unificatrice de la personne, la sociologie et l’ethnologie tentent par divers éclairages de percer à jour les relations mystérieuses entre la personne et sa culture. [..]

L’identité est à la conjonction de la subjectivité (qui suis-je à mes propres yeux ?) et de déterminations externes (qui suis-je aux yeux des autres ? qu’est ce qui me fait ce que je suis ?)

L’identité est structurante et à un moment donné permet d’appréhender une personne et de la caractériser à l’intérieur d’un système institutionnel. Mais elle est aussi, paradoxalement, produit et moteur d’une genèse, processus d’auto construction de l’individu, de la socialisation qui conduit à l’égocentrisme originel du nourrisson à l’intégration sociale et à la coopération, qui selon Piaget, sont caractéristiques de l’âge adulte. Ce processus n’est pas linéaire. Il comporte un prix à payer, des contradictions à surmonter. [..] La construction d’une identité est une sélection des attitudes jugées adéquates par le groupe social. L’astuce de cette sélection est qu’elle reste inconnue de lui qui la subit et que l’intériorisation élimine jusqu’à la conscience d’avoir été modelé. La socialisation produit une rupture avec ceux qui ne partagent pas la même identité. Dramatisée (rites d’initiation) ou non, cette rupture marque des frontières, une altérité.

L’identité est à la rencontre du social et du privé. Les biographies identitaires montrent les efforts des individus pour surmonter, nier ou au contraire accroître le décalage entre ce qu’un individu perçoit de lui-même et l’image que les autres ont de lui.

Plus profondément, le processus de socialisation est dialectique : l’individu ne peut construire son identité que confronté à sa propre négation, à la souffrance de l’aliénation dans le travail, à la confrontation de l’altérité. En fin de compte, Hegel l’a montré dans la dialectique domination-servitude, derrière la question de l’identité se profile la question du pouvoir.

L’identité est le paravent derrière lequel un individu social peut s’abriter, se protéger par un statu social, réclamer l’attribution des compétences caractéristiques de son groupe, mais surtout trouver un principe unificateur, une cohérence et une défense contre les agressions du réel extérieur. Mais c’est tout autant un principe offensif qui organise les processus d’adaptation à la réalité et organise les investissements libidinaux.

On peut définir l’identité de multiples façons : comme un ensemble de processus dialectiques de socialisation (travail, représentation, communication chez Habermas), comme un habitus à la fois produit de conditions objectives et incorporation de manières de sentir, de penser et d’agir (Bourdieu), comme la construction d’un soi dans la relation à autrui (Margaret Mead), comme une double transaction interne à l’individu, externe avec les institutions, etc.
Quel que soit le point de vue adopté, l’identité apparaît comme un système de représentations profondément marqué par la dualité. La multiplicité des approches témoigne du caractère labile d’une préoccupation qui pourtant a traversé les siècles, et la grande difficulté à rendre scientifique une notion qui ne se laisse pas réduire à des déterminations sociales objectives. L’identité est toujours autre chose que ce qu’on en dit. Les discours sur l’identité en disent long sur le regard que l’homme occidental se jette sur lui-même et sa culture.

Dans ce regard, le rapport au travail tient un rôle fondamental. Jurgen Habermas, interprétant un propos de Hegel, estime que le processus de socialisation se construit autour de trois types de médiations dialectiques entre le sujet et l’objet : par la dialectique du travail, par la dialectique de la représentation, par la dialectique de l’interaction, qui affectent trois sphères particulières de l’activité humaine, la production, le langage et la communication. Le monde objectif du travail est donc une des médiations constitutives de l’identité. Pour le caractériser il faudrait probablement s’interroger sur la manière dont les différents acteurs s’approprient leur identité professionnelle et la manifestent aux yeux de la société, comment ils vivent les conflits de leur monde professionnel et comment ils négocient les réconciliations.